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La mer, la mer, toujours recommencée...

Updated: Jun 25, 2019

Mais non, mais non, ce n’est pas une critique, je ne me plains pas du tout du fait que nous longions quotidiennement la mer, depuis mon arrivée dans ce pays! Non, c’est un vers du Cimetière marin de Valéry, qui m’a traversé l’esprit, aujourd’hui...

Excursion dans la péninsule de Dingle, partie la plus occidentale du comté de Kerry — et, à vrai dire, de l’Irlande. Plus à l’ouest c’est... le Nouveau Monde — où, selon certains, des moines irlandais auraient réussi à se rendre, bien avant que Christophe Colomb traverse à son tour. En fait, si l’on inclut les Vikings, les pêcheurs bretons et basques, et même en excluant Astérix et sa grande traversée, ça fait, ma foi, pas mal de monde avant Colomb...

Cette région du pays fut parmi les plus touchées par la fameuse famine des pommes de terre, au milieu du 19e siècle (+ ou - 1845-1849), notamment du fait de son excentricité Géographique. Les Irlandais de l’époque (ça continuera encore plusieurs décennies par la suite) étaient totalement dépendants de la pomme de terre pour leur alimentation: c’était à peu près la seule chose qui poussait sur leur terre de roches. Et ils n’avaient le droit ni de chasser, ni de pêcher dans les rivières (pour la mer, ils n’avaient pas les moyens d’avoir des bateaux), tout cela étant réservé aux propriétaires terriens anglais. Or, un jour, un traître champignon détruisit les récoltes de pommes de terre, réduisant des millions d'irlandais à la famine, les poussant à l'émigration, pendant que la bourgeoisie anglaise continuait d'exporter par plein bateaux la production agricole du pays. Des centaines de milliers d’Irlandais moururent littéralement de faim, ou de ses conséquences. Des centaines de milliers immigrèrent aux É.-U. et au Canada, notamment. La reine Victoria s’émut de cette tragédie, et envoya 2000 £ de sa propre petite caisse pour atténuer les souffrances du peuple irlandais — tout en interdisant tout don supérieur au sien. Un généreux donateur qui voulait donner 100 000 livres se fit poliment taper sur les doigts par Sa Majesté. La charité, c’est beau, mais y a toujours ben des fekking limites!

Pour les ceusses que la «petite histoire» pourrait intéresser: j’ai été invité à diner, à midi, par ma famille sud-carolinienne d’adoption, dans un resto de fruits de mer où Papa Ours a évidemment tenu à tout payer. Des cathos sympas et bien gentils — même Teen Bear récitait son bénédicité avant de manger! En vertu de la loi maussienne du don et du contre-don, je leur ai évidemment acheté un petit quelque chose en revenant «en ville» (Killarney), ce soir. J’ai mangé un «pâte chinois de la mer» — qui a fait en sorte que... je n’ai pas eu besoin de souper, ce soir...

Nous croisons assez souvent, aux mêmes arrêts, mes anciennes compagnes de l’autre segment du tour. L’une m’a adopté comme son époux métaphysique. Elle était même un peu jalouse de me voir parler avec la guide. Au début, je la trouvais nunuche. Elle l’est, assurément, mais, by Jove, d’une manière finalement plutôt sympa... En plus, c’est une vraie de vraie... magasineuse: on se croise donc souvent en ville, à l'heure du lunch!!!


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