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To push memère in the poison ivy...

Le Devoir des 13 et 14 juillet 2019 faisait état des doléances de plusieurs leaders de la communauté anglophone du Québec à l’endroit du gouvernement de la CAQ, à qui ils reprochent son peu de sensibilité envers leur communauté, faisant souvent fi, avancent-ils, du droit des minorités.


C’est possible.


Je ne suis d'ailleurs pas — il s’en faut — un zélateur de la CAQ. Et je regrette vivement la maladresse pédagogique aussi bien que l'inconscience politique dont le gouvernement de François Legault a fait preuve dans sa gestion du dossier de la laïcité de l'État.


Mais je trouve quand même que ces «influenceurs», comme on dit aujourd'hui dans le jargon des médias (plusieurs d'entre eux furent députés du PLQ de Jean Charest), ont un front de bœufs rhodésiens tout le tour de la tête lorsqu'ils profèrent de telles affirmations, se collant en plus à des organismes de défense des francophones hors Québec pour faire avancer leur propre cause, en squattant celle des véritables victimes de l'injustice linguistique canadienne; ce faisant, ils omettent en effet de dire que, dans ce pays si merveilleusement multiculturel, respectueux des différences et tellement tolérant, ce n'est pas leur minorité mais celle des francophones du ROC qui a vu ses droits systématiquement bafoués depuis la naissance de la Canadian Confedération canadienne:


Nouveau-Brunswick – 1871– Adoption de la loi King supprimant le français dans l’éducation;

Île-du-Prince-Édouard – 1877– Le Public School Act supprime les écoles françaises de la province;

Manitoba – 1885– Le chef métis et francophone Louis Riel est pendu pour avoir défendu les droits des métis francophones de l'Ouest;

Manitoba – 1890– Le français est aboli à titre de langue officielle de la province;

Alberta – 1892– L’Alberta fait de l’anglais la seule langue officielle des débats parlementaires et de l’enseignement;

Territoires du Nord-Ouest – 1892– Suppression des écoles françaises et suppression du droit de se défendre en français devant les tribunaux;

Ontario – 1912– Entrée en vigueur du règlement 17, supprimant l’éducation en français;

Québec – 1977– Adoption de la loi 101 confirmant le français comme langue officielle du Québec;

Québec – 1979– La Cour suprême du Canada déclare anticonstitutionnels trois chapitres de la loi 101;

Québec – 1984– Nouvelles attaques de la Cour suprême contre la loi 101;

Québec – 1986 –Les juges fédéraux de la Cour d’appel déclarent anticonstitutionnel que le français soit la seule langue de l’affichage commercial au Québec...


Vieilles histoires que tout cela? Ressentiment anachronique de la mémoire? Petites gorgées sûres qui n'ont plus — on est en 2019! — raison d'être de nos jours?


Ontario, 2018 — le — nouveau — gouvernement abolit plusieurs services à la minorité francophone de la province ainsi que le projet d’une université francophone de l’Ontario.


Résultat de tout cela:


Le français, comme langue d’usage au Canada, est passé de 25,7% en 1971 à 20,5% en 2016.


Universités francophones hors Québec: toujours 0

Universités anglophones au Québec: toujours 3


Il faudrait quand même pas pousser memère trop fort dans l'herbe à puces!


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