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Sunday, sunny Sunday...

Updated: Jun 25, 2019

C’est fou ce que le soleil réjouit le cœur de l’homme, met en liesse celui de la femme, et produit vraisemblablement les mêmes effets, quoi qu’on en ait, sur les ceusses qui récusent la souvent trop simpliste binarité des choses. En tout cas, c’est ce qu’on avait envie de conclure ce dimanche dans les rues de Galway où, par une température de quasiment 15 degrés, mais sous un soleil arrogant, à peu près toute la ville s’était donné r.-v. sur les terrasses des pubs, + les touristes, naturellement, à boire de la Guinness, à écouter les musiciens de rue ou juste à être heureux quil ne pleuve fekking pas aujourd’hui. Slainte!

Galway, donc, fin du premier segment de mon tour. Changement de guide, demain: je touche du bois. Trois co-voyageuses partent trois, apparemment, se joindront au groupe. Je re-touche du bois.

En fait — si je me permets un peu d’anthropologie sauvage —, un tour organisé, comme ça, correspond assez à ce que Marcel Mauss aurait appelé un «fait social total». Il recrée un microcosme dans lequel tente de s’organiser — pour survivre — l’humanité. Par exemple: Dieu (disons) ou le guide (si on préfère) proclame: «on change de siège chaque jour, pour permettre à tout le monde d’avoir une bonne vue». Fair enough. Moïse, au Sinaï, en quelque sorte. Mais deux jours plus tard, évidemment, la moitié a PRIS POSSESSION de son siège, et, de temps en temps, envahi celui d’à côté pour son sac à dos — ou, parfois, sa mère. Et, là, s‘installe immédiatement une loi à deux vitresses. Les ceusses qui l’observent, et les ceusses qui ont une imagination débordante pour s’inventer des «raisons» de ne pas l’observer. Et si jamais la soupe devient un peu chaude, là, elles se drapent dans la toge immaculée de la générosité et vous offrent LEUR place. Que vous refusez, bien sûr, parce que VOUS, vous êtes bien élevé.e. Et, pendant ce temps, naturellement, Dieu est mort depuis longtemps: le guide est un fekking coward, il se concentre intensément sur sa conduite pendant que tout cela a lieu . Bon O.K., j’arrête, c’est dimanche, il fait beau, mais comme le suggère une parodie locale de la célèbre affiche, que je ferais volontiers mienne: I CAN’T KEEK CALM, I’M IRISH!


Galway, donc. Une des 4 ou 5 plus grandes villes d’Irlande, située dans la baie du même nom — la grande brèche, à gauche, vers le milieu, quand on regarde la carte de l'île. Une église médiévale dédiée à saint Nicolas — où, paraît-il, Christophe Colomb lui-même se serait arrêté pour prier avant de prendre le... large. Cette info n’est pas vérifiée. Ce pourrait être une fake news destinée à rendre les visiteurs plus généreux dans leur obole. Galway est apparemment aussi le lieu où fut créé le légendaire «anneau de Claddagh» (deux mains tenant un cœur surmonté d’une couronne) que les ados s’offraient dans le temps pour donner un peu de classe à leur première baise.

Avant d’arrive ici, ce matin, arrêt dans un petit bourg du comté de Mayo — dont j’ai déjà oublié le nom, flûte! Une seconde, je vérifie... Cong, oui, c’est ça. Ou Congha, en irlandais — pour une fois, proche. De très... romantiques ruines d’une ancienne abbaye, détruite du temps d’Henry VIII qui a décidé la dissolution des monastères — les vouant, ce faisant, à un rapide destin de ruines. Mais je me demande parfois si ce ne fut pas là LA grande chance du romantisme anglais, justement: on s’émeut peut-être davantage devant de belles ruines gothiques que devant un monastère encore grouillant de moines qui passent leur vie à prier en latin et à fabriquer du fromage puant ou du chocolat bio. Pour ne pas dire... pire.

Dernière intuition anthropologique de Dollarama pour la journée: l’Église est effectivement en train de perdre l’Irlande: tous les magasins y sont à peu prêts ouverts le dimanche. Victoire de Mammon, donc, par KO technique.





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