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Poules — de luxe

Updated: Jul 24, 2019

J’ai participé, le weekend dernier, à un évènement socio-poétique organisé dans le cadre des Ateliers d’Auckland, à Saint-Isidore-de-Clifton, dans la belle, lointaine et profonde Estrie, à l’instigation de l’un des (arch)anges qui ont veillé depuis des lustres sur mon déniaisage existentiel, érotique et culturel, Sylvain (voir aussi, à cet égard, ailleurs sur ce site, dans les section des haïkus, Nataraja).


L’évènement s’appelait Mauvais Garçons — 2e édition. Il s’agissait — au temps de Platon, on eût sans doute dit : — d’un symposium, un «banquet» (et, d’ailleurs ça bouffait ferme et picolait sérieux, entre les strophes!) consacré à la poésie érotique with a gay twist, disons.


Un peu queer aussi, certes, aux entournures, par la force des choses, mais surtout masculin et gay. Je ne pensais d’ailleurs même pas que c’était encore possible en ces temps de déconstructivisme acharné où la seule identité qui demeure légitime, affirmable et correcte est celle qui, triste, plate, anglo-saxonne et convenue, revendique — en globish dans le texte — de ne pas en être une, en dénonçant, avec un âcre odeur de renfermé et de transpiration, les ceusses qui ne bandent pas assez kosher pour eusses.


Mais peut-être encore que... oui, en Estrie, ma foi — thank God —, au milieu des poules.


Ceux et celles qui me connaissent savent à quel point je peux être snob.


Et... je... ne suis pas en train de m’en excuser!


De ce fait, en revanche, je ne suis pas trop certain de ce à quoi je m’attendais dans ce rassemblement hétéroclite — pour ne pas dire homoclite — de vieillards dans mon genre, plus Jean-Paul Daoust, fidèle à sa légende, et de jeunes choses aussi préraphaélites que poétifiantes — dont je me demandais si la ramage était à l’égal de leur... euh... plumage.


Eh bien, non. Il ne le fut pas.


Le ramage fut encore, à mes snobbes oreilles, encore bien plus remarquable que le plumage — lequel n’était généralement pas vilain du tout, au demeurant — pour faire dans la litote cornélienne.


Même que j’en suis encore assez chamboulé.


Je veux en tout cas, en ce web-lieu où presque personne — encore! — ne vient, rendre hommage à Sylvain et à Luc, qui ont inventé, pétri et géré l’âme de la chose : la vie des mots leur doit vraiment beaucoup; et même la vie — tout court;


aux déjà habitués de l’évènement :


Nicholas Giguère, aux lignes d'une déconcertante, vertigineuse, provocatrice et impudique pudeur ;


Alexandre Rainville, selon moi la seule relève adéquate et conséquente de Dodier, un jour, en ce bas-monde sublunaire — le plus lointain possible, j’espère (d’autant que le moyen fakir a aussi une œuvre à faire n/être; phoque qu’on l’attend);


aux nouveaux venus de l'année :


Dodz Daye, qui est sûrement tombé récemment d’une étoile — et à qui je souhaite de ne pas y retourner avant d’avoir appris, sur cette terre, y compris à l’école, ce qui pourra lui servir pour se rendre jusqu’à Saturne — ou ailleurs, selon les mailles de son GPS intérieur ;


Sébastien Francœur, qui a déjà été assez baveux pour lire — et pour citer — Mein Kampf, fût-ce au 37e degré. Et qui, en plus, m'a fait pleurer.

Je les ai tous aimés, avec un amour baveux d’estime et dégoulinant d'admirative complicité, comme un reflux d’égoût — mais que c’est juste de l’enthousiasme, de l’affection et de la gratitude qui auraient reflué.


Vive MG...3!


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