Chroniques hortonanologiques

Garden Dwarfs Chronicles

K Het Kaboutersnieuwsblad

Gartenswergenberichterstattungen

HORTONA  NÔ  SHINBOUM

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L’une des nièces du très sérieux professeur, émue par la nouvelle passion de son cher oncle, lui offrit pour Noël un excellentissime ouvrage — Les Gnomes — de Wil Huygen, traduit du néerlandais par M. Buysse, Paris, Albin Michel.

Cette somme magistrale — et superbement illustrée — contient pratiquement tout ce qu’il importe (et ce qu’il est possible, bien entendu) de savoir sur les lutins, gnomes, farfadets, trolls et autres micro entités mystérieuses auxquelles notre société pressée et mégalomane n’accorde hélas plus guère d’attention (y compris le fait que ces petits êtres à la longévité déconcertante ont une prédilection démesurée pour les œufs de fourmis), allant même — horresco referens! — jusqu’à douter de leur existence.

Et le temps passa…

Quel ne fut pas, un jour, l’étonnement de ce très sérieux professeur d’université lorsqu’il apprit que l’une de ses plus vielles copines, alors respectable speakerine de la RTBF et lectrice virtuose des bulletins colombophiles [1], cultivait par devers elle une passion hortonanologique d’un comparable acabit, assortie d’une remarquable érudition en la matière — comme en témoigne d’ailleurs avec une éloquence non feinte le remarquable essai hortonanologique intitulé Phénoménologie des mythes régulateurs post-néandertaliens, résurgences et rémanence dans l’univers citadin à l’aube du 3e millénaire, accessible en cliquant simplement sur le titre ou sur le facsimilé ci-après.

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(Cet ouvrage est également disponible en édition de luxe, relié pleine peau et doré sur tranche)

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[1] La colombophilie  est un hobby traditionnel très prisé surtout en Europe du nord, mais également en Chine, de plus en plus. Elle consiste à élever et à dresser des pigeons voyageurs, et à organiser des courses entre eux. Ces évènements requièrent des informations transmises par communiqué radio sur les données pertinentes à la course: la température, la vitesse du vent, l'heure d'ouverture des bars et des bistrots, etc. Ces informations, transmises autrefois par «communiqués colombophiles» sur les radios de Belgique, de France et des Pays-Bas, sont passées à la trappe de l'internet à l'aube du 21e siècle.

Mais, plus encore : la (aujourd'hui feue) demi-sœur de cette vénérable amie, épouse de Viking et norvégienne d’adoption depuis des lustres, avait fait présent à celle-ci d’un authentique Julenisse, c’est-à-dire d’un spécimen de la branche scandinave de la grande famille des nains de jardins, singulièrement associé à la fête de Noël («Jule», en norvégien — prononcer YOUL — comme dans Brinner, et non pas comme dans «il est bancal du côté cérébral, mais c’est mon jules, et je l’ai-ai-meuh…»).

Le... professeur d’université, tout entier dévoué à la recherche scientifique, s’empressa d’ailleurs incontinent de fouiller les recoins les plus abscons de la Grande Toile afin de se renseigner davantage sur les coutumes de ces nains norvégiens. C’était bien longtemps avant que Peter Jackson ait illustré les légendes issues de l’imagination fertile de Tolkien, et ait instruit l’ékoumène entier sur les nains de la terre du Milieu.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec une chance qui ne pouvait pas ne pas venir au moins en partie de son amicale sympathie pour les petits êtres à longues barbes et à bonnets rouges, il tomba sans crier gare sur un fort beau site (nørvëgien, celå vå såns dire) que l’øn peut d’åilleurs encøre visiter de nøs jøurs, åvec un peu de førtune, à l’adresse suivante (désolé pour l’accent...) Voir également le très intéressant site du Musée de Basse-Autriche consacré aux Gartenzwergen œsterreichiens — aber man muß Deutsch sprechen dafür, leide...

Et, de nouveau, le temps — qui ne semble guère connaître d’autres activités — passa…

Le printemps revint, le petit nain quitta son dôme de verre et retrouva ses quartiers dans le jardin quelque peu échevelé du très sérieux professeur, avec, sur les lèvres, le sourire inexpugnable d’un moine zen venant de faire l’expérience du satori sur le flanc sud du Mont Fuji un mardi de septembre, vers 4 heures de l’après-midi.

Mais celui-ci, qui habitait cette zone de la grande ville boréale dont il est ici question que l’on appelle communément «Le Village», cédant aux coutumes locales des autochtones, s’empressa d’aller s’inscrire dans un club de fitness et de body-building dont on pourra constater ici-même les remarquables effets. O tempura! — comme eût dit l’autre...

Chroniques hortonanologiques

1ère partie

2e partie

3e partie

4e partie

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